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mis en ligne le 25 mai 2010

Ken, le TGV du TAC

A 17 ans, le sprinteur Ken Romain est sélectionné pour les J.O. de la jeunesse de Singapour en août prochain…

Ken Romain
Ken Romain © Mairie de Tremblay-en-France

A le voir comme ça, nonchalant dans son survêtement dépareillé au bord de la piste, qui penserait que Ken Romain a de la dynamite sous les pointes ?

L’échalas de 17 ans discret, au regard timide et au sourire doux, court le 60 mètres en salle à l’allure d’un express survolté. Avec un temps de 6,92 secondes réalisé lors des championnats de France d’hiver, le cadet du TAC Athlétisme a tout simplement signé la meilleure performance de sa catégorie. A la clé, un titre national amplement mérité accompagné d’une 3e place au 200m dans cette même compétition.

Si l’avenir est écrit nulle part, celui de Ken prend quand même les traits d’un compétiteur de très haut niveau. Sur 100m comme sur 200m, le jeune athlète commence à affoler les stats fédérales. Pas mal pour un jeune qui court depuis une dizaine d’années dans le club où il a débuté.

« Je m’étais essayé aux sauts et aux lancers, mais je n’étais pas franchement à mon aise alors que courir me semble tellement naturel » confie-t-il. Et si le lycéen en bac professionnel de vente à Léonard de Vinci est particulièrement à son affaire sur le tartan rouge du Parc des sports, Randy Fondelot son entraîneur n’est jamais très loin.

C’est sous sa férule que Ken avait établi en 2008 la meilleure performance nationale minime sur 100m. « Ken, c’est un garçon charmant, humble mais qui sait ce qu’il veut » précise son mentor. Il n’ignore rien de lui. Ni ses points forts « une grande amplitude et une grande fréquence de foulée, inhabituelle pour un aussi grand gabarit, auquel s’ajoute un mental fort ». Ni ses points faibles, « une technique largement perfectible et une musculation défaillante ».

A la rentrée, il s’attaquera précisément à ses deux carences, rédhibitoires pour qui veut tutoyer un jour les sommets. Il lui prépare un programme sur mesure. « Il est indispensable que je prenne du muscle, même si ce n’est pas le genre d’exercice qui m’enchante » reconnaît-il.

Il devra s’y plier, ne serait-ce que pour honorer le premier de ses objectifs, devenir un jour pas si lointain athlète professionnel. Il en a la carrure et la gnac assure son coach. Reste le travail à accomplir pour se donner les moyens de ses ambitions.

En août prochain se disputeront les Jeux olympiques de la jeunesse à Singapour. Ken en sera sous le maillot de l’équipe de France. Il a en effet décroché son billet fin mai lors d’un meeting à Moscou où il accompagnait la sélection nationale cadet. Il s’y est offert le luxe d’un podium : 3e sur 100m en 10s85.

Cet espoir de l’athlétisme tricolore a le regard également tourné vers les championnats de France des jeunes, le 16 juillet à Niort. Il trissera sur 100, 200 et 400m. Mais c’est sur 200m qu’il devrait se bâtir un palmarès ses prochaines saisons estiment les spécialistes. Mais, perfs ou pas perfs, ses parents tiennent le même discours à Ken : « Passe ton bac d’abord après tu verras… ». Un conseil qu’il suit à la lettre.