A cette occasion, nous avons rencontré quatre femmes, deux sont conductrices sur la ligne 4 et sur la ligne 1, tandis que les deux autres aspirent à être embauchées aux CIF. Flavienne est conductrice de bus depuis 9 ans et Virginie, sa collègue, depuis 2 ans et demi.
« C’est un milieu d’hommes, c’est vrai, mais franchement, je préfère cette ambiance plutôt que celle d’une entreprise féminine », assure Flavienne avec l’approbation de Virginie.
Aujourd’hui, être une femme aux CIF, c’est devenu
« banal, normal », assurent-elles. Mais qu’apportent-elles donc dans ce métier ?
« De la douceur, du relationnel » répondent-elles sans hésiter.
« Et, assure Virginie, tout le monde reconnaît que nous avons une conduite plus souple. Avec nous, c’est pas "Orangina… secouez moi !" » Flavienne assure que
« le matériel permet aujourd’hui aux femmes de piloter des bus et qu’il n’y a rien de physique. Sauf parfois s’il faut soulever un capot. Mais ça se fait. Ce qui est le plus important, c’est la concentration, l’anticipation. » Ce que ces deux femmes apprécient, c’est l’autonomie et la responsabilité que leur confère ce métier. On est maîtresse à bord. Virginie, Flavienne ont dialogué cet après-midi avec neuf femmes qui aspirent à faire le même métier. Que se sont-elles dit ?
« Elles avaient des questions toutes simples, raconte Flavienne : comment on a décidé de devenir conductrices, comment on y est arrivées, le salaire, les horaires… On les a quand même mises en garde. Parce qu’il est clair que nos horaires ne sont pas simples pour organiser une vie de famille, on travaille souvent le week-end et les jours fériés, on commence parfois à 4 h du matin, comme nos collègues masculins. Donc il faut quand même qu’à côté de nous ça suive… »
Les CIF ont des besoins permanents de recrutement, en moyenne une centaine par an,
pour faire face à la montée en charge du réseau. Le matériel permet aujourd'hui
au personnel féminin des piloter des bus sans difficultés. Des candidates motivées Et puis, nous avons rencontrées Sylvia et Hafida qui rêvent toutes deux de s’assoir au volant. Pour Sylvia 40 ans, en recherche d’emploi depuis deux mois, c’est très vite possible, si elle est recrutée par les CIF, car elle a déjà les permis nécessaires. Il ne lui manque que la FIMO (Formation Initiale Minimum Obligatoire).
Pour Hafida, 42 ans, employée en restauration, titulaire du permis B, le rêve est au bout d’un contrat de professionnalisation. Pour Sylvia, qui vient déjà de la filière transport, la culture est déjà fortement ancrée :
« les horaires décalés, c’est quelque chose que je connais déjà dans le transport marchandise. » Quant à Hafida, les horaires des CIF ne seront pas plus contraignants que ceux qu’elle connaît dans la restauration.
Daniel Berthiol, responsable des ressources humaines aux CIF, explique qu’un accent particulier est mis sur la féminisation de la profession.
« Ce qui est déterminant à nos yeux, ce sont des qualités telles que l’autonomie, le savoir-être et la technique. Certaines des femmes que nous avons rencontrées aujourd’hui sont faites pour ce métier. Il reste à les recruter, les former, certaines ont le profil. »
Un parcours vers l’emploi Celles qui ne possèdent pas le permis se verront proposer un contrat de professionnalisation de 15 mois. C’est donc un vrai parcours qualifiant et débouchant sur un emploi que les CIF vont proposer à ces femmes. Durant les trois premiers mois, elles effectueront la formation au permis D puis elles feront la FIMO avant d’intégrer un centre d’exploitation comme le dépôt de Tremblay où elles travailleront trois semaines par mois en ligne, puis retourneront en formation une semaine par mois dans un centre de formation du groupe Keolis auquel appartiennent les CIF.
Elles passeront un Certificat de Formation Professionnelle dit CFP 2000 équivalent du CAP de conducteur.
« Les CIF ont des besoins permanents de recrutement, assure Daniel Berthiol
. En moyenne, nous en effectuons une centaine par an pour faire face à la montée en charge de notre réseau comme pour Allobus où il nous faut une vingtaine de conducteurs et encore une autre vingtaine pour les lignes 39 et 43 pour Tremblay. Et puis nous devons faire face à des départs naturels. Les portes des CIF et de ce métier sont ouvertes, notamment pour les femmes. »